Vendredi 20 novembre 2009
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J'ai découvert l'art du pochoir il y a des années, sur les murs de Paris et puis ensuite à Ibiza, parce que j'avais des amis là bas qui peignaient avec cette technique pour gagner un peu de sous,
de quoi rester le plus longtemps possible sur l'île de leur rêves... J'ai trouvé ça plutôt intéressant quant il s'agissait de pochoirs à messages poétiques tels que ceux de Misstic dans les
quartiers de Paris, les représentations engagés à caractère politique pour certains ou même anarchiste pour d'autres. Moi, un peu perdu au milieu des années 80, j'écrivais des
textes avec des rimes, de la prose ampoulée, des ébauches de nouvelles, des poèmes plein d'amour et d'illusions, pleins de fautes de goût sûrement, d'orthographe et de syntaxe aussi... Bref, les
mots me permettaient de m'exprimer en quelque sorte, tout allait bien comme ça. Je n'avais guère d'arrière pensée, pas de plan de carrière, je regardais le monde à ma fenêtre et je voyageais
souvent, à la recherche de je ne sais quel "graal". C'est vers 1995, qu'il a fallu que je me décide quant à savoir ce que j'allais faire de ma vie! Je venais de terminer plusieurs stages d'assez
bon niveau en communication, vente, marketing, internet, etc... Mais je ne souhaitais pas devenir un requin parmi les requins, ni un crabe dans la nasse, ni un as de la finance, encore moins
travailler comme un dingue pour gagner de quoi vivre, c'est à dire perdre ma vie à vouloir la gagner ou quelque chose dans le genre... Non, non, non, j'ai pesé le pour et le contre, j'ai repensé à
cette manière de faire du pochoir ( j'avais même vu aux Maldives des autochtones réaliser de magnifiques modèles de tee- shirts pour les touristes en "tapotant" avec des éponges sur des pochoirs!
). Je me suis dis que je pouvais au moins essayer! Avec beaucoup de patience, un petit RMI pour commencer, des tas de bonnes idées et de moins fameuses, avec beaucoup d'acharnement au début,
d'énervement avant de découvrir peu à peu les secrets de fabrication d'un pochoir, j'ai fini par obtenir un résultat encourageant. J'ai appris le maniement des bombes de peinture pour ensuite
passer très rapidement au pistolet à peinture. J'ai découpé des milliers pochoirs, utilisé tous les supports possibles et avec cette technique, plus la pratique, plus l'expérience au fil du temps,
les erreurs avec les couleurs! Je suis arrivé aujourd'hui à la conclusion que j'aimais vraiment ce que je faisais! Je n'ai pas fait carrière dans le commercial mais cela m'a servi tout de même dans
le cadre de certaines ventes de mes oeuvres et le communication m'a permis de suivre mon petit bonhomme de chemin... Je ne gagne pas des millions mais je suis riche d'une activité qui me prend tout
mon temps et qui équilibre mon existence. Par exemple, je vais dans quelques jours "attaquer" la période de Noël en allant proposer mes services en tant que décorateur de vitrines et autres
fenêtres sur cour ou sur rue ou sur la vie des gens... On regarde toujours le monde d'une façon ou d'une autre, au travers des prismes que l'on nous impose ou que l'on s'octroie quand on le peut!
Je m'arrange pour raconter de belles histoires avec mes pochoirs. Je n'en rajoute pas au côté sombre de notre lot quotidien, je préfère dessiner de jolies choses comme l'on écrit de beaux bouquins
sur l'amour et la joie d'être vivant tout simplement. Je possède une bonne quinzaines de thèmes différents tels que la musique, les paysages et sites connus et que l'on reconnaît d'un coup d'oeil
en les regardant, les civilisations égyptiennes, pré- colombiennes, indiennes, le cinéma et ses acteurs et actrices, les personnalités qui ont marqué notre époque ou d'autres par le passé... J'ai
également des centaines de pochoirs d'animaux, des pochoirs de dieux anciens, des légendes d'antan ou d'ailleurs... J'ai des tas de représentations de symboles des quatre coins du monde ainsi
que pas mal de choses sur les traditions et coutumes, masques pour célébrations universelles, etc... Le monde de la mer, les bateaux, les voiliers ( ça se prête bien au pochoir! ). Enfin, j'ai de
quoi faire et je me sers des pochoirs comme d'autres se servent de mots pour parler de la terre telle qu'elle est, pour parler de nos rêves, pour exprimer ce qu'est l'amitié, les relations entres
les êtres. L'amour, toujours! Car c'est d'amour et de passion dont il s'agit. Tout va bien.
Albert Vasseur.